"Dehors c'est tout blanc.
Dehors il fait froid.
Et pourtant des gens dorment sur des bancs
Non pas un, deux ou trois
Ils sont des centaines, des milliers, à ne pas savoir où habiter,
A ne pas savoir où s'abriter, à ne plus pouvoir s'habiller,
Leur vie a basculé, un matin d'automne, un soir d'été....
Moi je trouve ça si beau la ville recouverte de son blanc manteau
Eux trouvent ça si injuste de n'avoir qu'un carton pour se couvrir
Peut-être celui qui leur permet de vivre, et trop souvent de survivre
Un coup de chance et c'est une couverture, un tissu pas très beau
Jeté parce qu'inutile. Petite chose qui parait aux plus nombreux si futile.
Je souris à la vie en pensant qu'elle me sourit. Mais eux ? Qu'en est-il ?
Qui leur sourit ? Vous ? Moi ? Ce soir j'y pense...
Mais demain ? Si je croise leur chemin, prendrais-je le temps ?
Prendrais-je réellement le temps, juste l'espace d'un instant
De leur sourire, de leur adresser un regard,
De penser qu'hier ils dormaient sous un porche, dans un square...
L'hiver dans quelques jours sera fini, le printemps prendra sa place,
Le parfum des fleurs, les oiseaux sifflotant, mais toujours et encore
Sur les bancs de vos quartiers la nuit des gens dormiront, encore,
Les mêmes qui le jour vous feront face..."